Depuis un café de Port Royal, j’ai eu quelques minutes avec Thomas, lors d’un appel téléphonique. Il travaille depuis 3 ans chez EcoAct, une entreprise de décarbonation et de reporting sur l’exposition aux risques climatiques qui fait essentiellement de l’analyse de données. L’entreprise, fondée en 2005, s’est vue rachetée par Atos en 2021 puis Schneider en 2023. Ils font désormais partie du groupe en tant que filiale indépendante. Leurs clients principaux sont de grands groupes, des PMEs, des théâtres, des villes.
Thomas, ENSTA 2009, X 2010, Ulm 2011 et une thèse en physique théorique de 2011 à 2014, est entré chez EcoAct après avoir passé 6 ans à faire de la data science. Ce choix, il l’a fait pour son intérêt et son importance dans des technologies éthiques et responsables vis-à-vis de la planète. Il a intégré EcoAct dont le projet a une ambition en phase avec ses principes : avoir une approche pragmatique de modification du comportement des entreprises à l’égard du changement climatique, leur proposer une analyse qui leur montrerait les bénéfices qu’elles pourraient obtenir en étant green, avec une approche comptable, sur les traces d’Emmanuel Fabert. Thomas veut montrer que la RSE, ce n’est pas juste un « truc de hippie ».
Il m’a dit être déçu par la vitesse à laquelle les entreprises et le monde en général embarquaient dans la décarbonation. Ils développent en Python, full-stack pour leurs applications, en Dash pour les dashboards et Cocorico pour leur cloud, pour des raisons de souveraineté française. Ils publient aussi des articles et des repositories open-source (ecodev-doc.lcabox.com) qui permettent de créer des templates pour de nombreuses de leurs applications (leurs clients venant d’industries différentes, ils doivent proposer des produits adaptés), qui sont les bases de beaucoup de leurs travaux.
Il y a un projet de plateforme en cours qui regroupe à la fois les problématiques de décarbonation et de changement climatique. L’ensemble de l’équipe de 15 personnes est majoritairement issu des grandes écoles et de grands instituts de recherche, mais pas uniquement. Leurs compétiteurs sur la partie carbone : Sweep, Traace, Greenly, Sami, etc. Sur la partie risques : Altitude (Axa), Jupiter Intelligence, Resilience, entre autres.
Il y a une deuxième équipe chez Schneider Sustainability (côté US) qui travaille plutôt sur la partie Data Sciences et une troisième, Nature and Tech-Based Solutions, qui développe des solutions de compensation de crédits carbone. Ils ont mené des campagnes de remplacement de fours en Afrique par des fours moins polluants, ainsi que des projets de reforestation et de préservation des mangroves.